Yvette Tembo, cadre de l’UDPS dresse le bilan du combat de la femme au pays de Patrice Emery Lumumba.
Pour elle, en 1960, il y avait pas beaucoup de femmes en politique parce qu’il n’y avait presque pas de femmes universitaires.
La cause de leur venue tardive en politique est culturelle et discriminatoire. « L’école était encouragée plus pour les garçons. Les filles étaient appellée à accompagner leurs mères dans les travaux champêtres et ménagers. Elles ont subi l’injustice d’être défavorisées lorsqu’elles doivent être départagées dans la priorité à accorder à l’un ou à l’autre quand à l’affectation des frais scolaires.
Dans la mentalité africaine en général et congolaise en particulier de l’époque, le garçon est le défenseur de la femme. La fille est appelée à se marier », a-t-elle dit.
Yvette Tembo estime que cette privation scolaire a fait qu’en 1960, l’échantillonnage féminin était minime sur le plan scolaire. Or, les mouvements qui stimulent les consciences pour que les congolais s’intéressent à la politique sont des activités parallèles du milieu scolaire.
« Les premières politiciennes sont Sophie Kanza, Nzuzi Wa Mbombo. Elles se sont jetté dans le bain en tant qu’universitaires. Mais, ce n’était pas facile pour elles de briser une coutume encrée dans la mentalité que la politique est le mensonge et une femme ne peut pas y aller. Petit à petit les évolués ont favorisé l’accès à l’école à leurs filles qui, par effet de boule de neige, ont aussi entraîné leurs amies. Le cercle étant élargi dans les milieux scolaire et universitaire, les filles côtoyant leurs collègues politiciens ont eu le goût elles aussi », précise Yvette Tembo.
Ce cadre de l’UDPS note que de nos jours, avec l’enseignement obligatoire, avec l’évolution de la mentalite, avec la globalisation, les choses se présentent autrement. « On a fait un pas de géant parce que la réclamation des droits de l’homme, l’évolution des textes qui reconnaissent l’injustice sociale,les organisations féministes ont déplacé les montagnes pour donner à la femme sa place dans la société, même si ce n’est pas encore parfait.
Nous devons reconnaître l’effort fourni pour faire respecter la parité dans tous les domaines de la vie. La preuve est que nous avons des femmes à tous les niveaux de la vie sociopolitique.
Dernièrement, nous avions une femme à la présidence de notre assemblée nationale. Donc, deuxième personnalité du pays. Ce qui était impensable il ya 61 ans. C’est un processus qui continue et que nous devons encourager », conclut-elle.
Élie Mbombo.